Décors de théâtre

Mon premier décor fut peint, il y a bien longtemps, pour la pièce Les Adieux de la Grande Duchesse, au Théâtre des Antonins, à Rouen. Je n’ai, pour l’heure, aucun document en la matière. Quelques années plus tard, cette activité fut pratiquée de plus en plus régulièrement. Il est toujours pratique d’avoir un comédien/peintre dans une troupe!

Psyché (Racine et Corneille), mise en scène: Coralie Salonne (2008). L’Amour (Eros) fait naitre un royaume enchanté pour celle qu’il aime (Psyché). Le décor se déroulait du haut des escaliers (situés dans le lointain de la scène) pour finir pratiquement jusqu’au pieds des spectateurs! De mémoire, il devait faire environ 25 mètres de long. Les couleurs sont vives, un peu naïves… pour traduire le côté féérique. Malheureusement, il n’y a aucune photo du décor en entier, mais on peut apercevoir une partie de la composition sur les trois photos ci-après.

Le Voyage de Monsieur Perrichon (Labiche), mise en scène: Jean-Claude Sachot (2011) (trois toiles peintes de 200 x 230 cm, environ). L’idée était de faire une sorte de petit théâtre naïf en miniature. Le premier représente la gare de Lyon, le second, un paysage alpin et le troisième, un intérieur bourgeois.

En Attendant Godot (Beckett), mise en scène: Jean-Claude Sachot (2013) Toile peinte (300 x 900cm) L’arbre a été conçu par Virginie Destiné. Ci-après, quelques études préliminaires pour le ciel. Le metteur en scène a finalement préféré un bleu beaucoup plus prononcé.

En Attendant Godot (Beckett), deuxième version (2014). La toile est beaucoup plus petite, elle était prévu pour les petites salles. Le décor est peint sur du tulle, le metteur en scène espérait y faire un système d’ombre chinoise qui s’est, au final, révélé peu concluant.  Cette fois-ci, le ciel est presque abstrait, suggéré… comme peuvent l’être certaines estampes.

Les Plaideurs (Racine), mise en scène: Jean-Claude Sachot (2015). Pour la conception picturale du décor, j’avais quartier libre. J’ai tenté une synthèse entre le drôle et l’inquiétant. A noter que les cariatides et la frise étaient peints avec du gel phosphorescent… le décor brillait donc durant les changements d’acte! (Ce qui n’est pas visible sur les photos.) En ayant cette idée, je réalisais quelque part un rêve d’enfant… peindre une sorte de train fantôme! Tout n’est pas visible ici, mais il y a de nombreux accessoires et éléments de décor peints (à l’exception du rideau rouge en trompe l’oeil peint sur toile, tout le reste est exécuté sur du bois).

Le Médecin Malgré lui (Molière), mise en scène: Daniel Deprez (2016) (photos: Gaël Boulard). Un mois pour peindre une partie du décor et un autre mois et demi pour le continuer, vaille que vaille,  tout en assurant les répétitions en ayant le premier rôle! Un travail épuisant… les répétitions duraient du matin jusqu’à 15h, environ, mais je restais jusqu’au soir pour peindre… parfois même jusqu’au lendemain matin! On trouve dans un autre endroit du site les photos de la totalité de la pièce. Ici nous ne voyons que le décor de l’acte 2 et 3. Celui de l’acte 1 étant peint par d’autres artistes. Le metteur en scène voulait une demeure qui tenait à la fois du château et de l’abbaye… Un amas menaçant de pierre, à la fois solennel et décrépi. A noter que certaines gargouilles sont des clins d’oeil à Jérôme Bosch et à Brueghel. Le buste situé au fond est le portrait de l’acteur qui incarnait le maître de maison (Géronte). La toile de fond s’ouvre sur un paysage que l’on devine aveuglant de lumière au lointain  afin de faire contraste avec la cour intérieure de cette sombre demeure. (Toile de fond: 470X470cm, environ et huit panneaux de 300x80cm)

 

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